SYNDICAT    CGT DES COURSIERS
Les coursiers: sujet d'étude




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INDICE INSEE : AUGMENTATION  DES FRAIS  DE  VEHICULES
Ce sont les chiffres officiels de l’INSEE, consultables sur:  « insee.fr »

Etude sur le millieu de la course

Mémoire:
LE MONDE DE LA COURSE URBAINE : REGULATION D’UNE PROFESSION MAL CONNUE

Par Carine VACHER et Vincent GOUSSEAU
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INDICE INSEE : AUGMENTATION  DES FRAIS  DE  VEHICULES

 

 Le taux 100 correspond aux prix relevés en 1998, celui indiqué à droite, aux prix relevés en juillet 2006. (Ce qui coûtait 100 € en 1998, coûte 113,96 € en juillet 2006)

 
072   E  UTILISATION DE VEHICULES PERSONNELS* :
 
0721 E  Pièces détachées et accessoires pour véhicules personnels :       113,96
0722 E  Carburant et lubrifiants :                                                           155,54
0723 E  Entretien et réparations de véhicules personnels                        133,27
0723 E  Autres services liés aux véhicules personnels                            117,64

         Moyenne de l’augmentation du coût :                                          130,10

 
 
Ce qui signifie une augmentation de 30% en 8 ans !

 
Qui a obtenu 30% d’augmentation depuis 8 ans sur ses indemnités kilométriques ? 

 
INDICE INSEE : AUGMENTATION  DES  SALAIRES DE BASE DES OUVRIERS DU TRANSPORT

 
Le taux de base des ouvriers du transport a augmenté de  28%  depuis le 31 décembre 1998.


Nos salaires ont-ils augmentés dans la même proportion ?

 

* Les véhicules appartenant aux entreprises bénéficient de taux d’amortissement et de déductions fiscales… Les coursiers qui fournissent leur propre véhicule, NON !




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MAI 2005
Résumé* et extraits de l’étude de Mesdames et Messieurs :

                                     

 
Marnix DRESSEN**, Vincent GOUSSEAU*** Arnaud MIAS**, Carine VACHER***
(Avec la participation de  Sandrine MATEUS ** *& de Fatoumata SINENTA***)

**Lise UMR Cnam/CNRS n°62 09
*** Auditeurs au Cnam

 

Processus de régulation « professionnelle » chez les coursiers motorisés

 

Introduction
 

            Cette communication porte sur les difficultés de la régulation de la « profession » de coursiers en deux roues, dans une perspective interactionniste : l’étude de l’organisation interne de « l’activité», l’analyse de l’invention et de l’application des règles d’organisation du travail, l’invention et la transformation du cadre réglementaire et conventionnel bordant cette activité. Si l’activité de coursiers est intéressante à étudier, c’est qu’elle permet de soulever la question inverse : que se passe-t-il lorsqu’une activité est faiblement voire très peu réglementée ? Quelle relation existe entre cette faible régulation, la précarité et la flexibilité et surtout l’accidentologie des coursiers ?

            Pour le dire autrement, cette recherche porte sur la manière dont une « profession » souffre d’une régulation par le marché et notre propos consiste à analyser la façon dont cela devient un problème social dont des agents sociaux, lassés de s’alarmer sur l’accidentologie des coursiers, inscrivent la question à l’agenda politique et se faisant, se constituent comme acteurs puissants et/ou impuissants de cette (ou plutôt de ces) régulation(s) particulière(s).

Analyse de l’activité
 

            « L’analyse de l’activité de coursiers en deux roues motorisées permet de se pencher sur une activité qui combine tensions sur le marché du travail (c’est-à-dire relative pénurie de main d’œuvre) et faible régulation : les employeurs embauchent fréquemment et peinent parfois à stabiliser un personnel dont les conditions de travail sont pénibles (surtout en hiver et en été, du fait des conditions climatiques) ou du fait de la pénibilité que représente le pilotage d’un engin dans les embouteillages, la pollution ou les vibrations (phénomènes de troubles musculo-squelettiques). »
 

Caractéristiques de la population étudiée :
 

            Les coursiers sont clivés en deux grandes catégories : certains exercent leur activité au moyen de véhicules quatre roues (de moins de 3, 5 tonnes), tandis que les « cyclards »* se déplacent en deux roues motorisées »

            « Les entreprises employant des coursiers en deux roues motorisées salarient presque toutes également des coursiers en quatre roues».

            « Le plus souvent le coursier travaille à plein temps, parfois bien au-delà des horaires légaux, son temps contraint du fait de son errance et de l’extension de son espace d’intervention est particulièrement difficile à contrôler et c’est d’ailleurs un des facteurs d’attraction qu’exerce cette activité sur des salariés heureux de « ne pas avoir de patron ou de petits chefs sur le dos ».

            Lorsqu’il n’est pas salarié, le coursier est un indépendant.  L’entreprise qui emploie le coursier est un intermédiaire entre deux clients. Concrètement, la mission du coursier est définie par son employeur qui a lui-même reçu une mission d’un donneur d’ordre, le client initial. Ce dernier fait « enlever » chez un client A un objet (plis, petit colis) et veut le faire « déposer » chez un client B dans un délai prédéterminé.

            Le donneur d’ordre demande à l’employeur du coursier de lui rendre ce service et plus le délai sera court, plus le point de dépose sera éloigné et plus les contraintes liées à un pli particulier seront élevées, plus le prix de la course sera élevé. (Plus le coursier sera payé…)*
 

L’accidentologie des coursiers (accident de travail)
 

            Avant d’être un problème sociologique, l’accidentologie des coursiers est un problème social manifesté par la gravité du constat  : selon les chiffres avancés par D. Baupin, adjoint au maire de Paris, qui a actualisé et relancé une campagne d’information initiée sous la mandature de J. Tiberi, les deux-roues à moteur (dont une partie seulement est pilotée par des coursiers ou des livreurs) ont été impliqués dans près d’un accident sur deux entre 1996 et 2000, alors qu'en 2000, ils ne représentaient que 6% des moyens de transports et 10% du trafic.

            A Paris seulement, une trentaine de conducteurs de scooters, motos et autres deux roues motorisées meurent chaque année, tandis que 330 sont gravement blessés. A cela s’ajoutent les victimes de la Petite couronne.

            Au départ, aux yeux des acteurs sociaux, l’accidentologie des deux roues (coursiers), bien que fort mal renseignée sur le plan statistique du fait de nombreuses dissimulations en cas d’accident de la circulation (accident non déclaré en accident du travail)* est  problématique [Receveur, 2004]
 

            Divers rapports ont tenté des explications :
 

            Un, (Esterle-Hedibel & Marchandet, 1995) s’intéresse surtout aux trajectoires sociales et professionnelles des coursiers, à leurs représentations et valeurs, ainsi que leur réceptivité aux messages de prévention.

            Un autre rapport insiste sur le caractère trop souvent anomique voire déviant d’une activité fort peu réglementée (Receveur, 2004).

             Deux rapports postulent en outre sur les causes économiques de l’accidentologie (Pibault & Bilman, 1996 ; Receveur, 2004).

            Deux ergonomes pointent les défauts dans l’organisation du travail, un phénomène irréductible donc à une (ir) responsabilité individuelle (Van Belleghem & Bourgeois, 2004).

            Tous ces rapporteurs cependant s’accordent sur les éléments du diagnostic : La « profession » de coursier motorisé est peu structurée surtout lorsque les entreprises qui les emploient ne font travailler que des coursiers en deux roues. Ces sociétés n’ont pas de cadre légal d’exercice (la seule formalité est l’inscription au registre du commerce) [Receveur, 2004 : 4]. Dans un rapport qui ne cherche pas à maquiller la réalité, Christine Receveur, Directeur du travail affectée à l’inspection du travail et de la main-d’œuvre des transports écrivait récemment : « compte tenu des exigences des donneurs d’ordres, les tarifs sont tirés vers le bas, au prix d’un mépris flagrant des lois sociales, voire de la sécurité et même de la pérennité de ces entreprises. On constate une totale impunité de ces contrevenants, y compris ceux qui sont en exercice illégal de la profession, condamnés dans le pire des cas à payer une amende limitée, sans être pour autant empêchés de poursuivre leur activité (la commission de sanction administratives n’est compétente que pour les entreprises ayant au moins un véhicule quatre roues». « Cette situation a été exploitée par certains donneurs d’ordre, qui bénéficient ainsi de prix défiant toute concurrence en toute impunité, au mépris notamment de la sécurité des personnels roulants pour le compte de prestataires peu scrupuleux » [Receveur,  2004 : 4].

            En février 2002, sous la mandature cette fois de B. Delanoë, l’élu Vert D. Baupin, adjoint au maire chargé des transports, a rouvert le dossier. Une nouvelle fois la question des accidents de coursiers a été étiquetée comme un problème social, et l’accidentologie des coursiers est liée à leurs conditions de travail, dictées par l’urgence » [Pibault, 2000].

 

Négociation d’un avenant à la Convention Collective des Transports:
 

            L’initiative de la négociation d’un avenant pour les coursiers a été prise par le SNTL TR (Syndicat National des Transports Légers et du Transport Rapide), syndicat moderniste, un rien rebelle dans sa fédération. Le SNTL visait deux objectifs :

             a) assainir les entreprises de coursiers,  réguler et  professionnaliser l’activité.

             b) De plus, certains de ses adhérents s’étaient émus de perdre des procès devant les prud’hommes : souvent soutenus par la CGT, les coursiers obtiennent, y compris en appel, des condamnations d’employeurs accusés de ne pas respecter l’article 14 de la CCNTR (qui interdit la rémunération au km parcouru ou au volume transporté).

            C’est sans doute ce qui, à partir de 2001, a favorisé une authentique  négociation de branche, à visée nationale cette fois.

             Elle s’est ouverte sur l’initiative du principal acteur patronal le SNTL TR, fatigué des effets destructeurs du dumping pratiqué par certains employeurs et fatigué de perdre des procès aux prud’hommes du fait, disent-ils, de l’inadaptation de la convention collective à l’activité particulière des coursiers.

              C’est donc plus sur des conflits juridiques (sur des procès) que sur des conflits sociaux stricto sensu que cette négociation s’est ouverte.

             Les négociations n’ont repris que sous la menace assez classique de l’Etat de légiférer sans accord des acteurs sociaux. Alors que les négociations se sont officiellement ouvertes il y a quatre ans, la place manque pour détailler les dossiers conflictuels entre la partie patronale et la partie salariée.  Mentionnons :

            -le mode de rémunération des coursiers (partie fixe et variable),

            -le calcul du temps de travail (amplitude et travail effectif),

            -la fourniture des outils (en l’occurrence le deux roues),

            -la prise en charge du coût des primes d’assurance professionnelle et enfin,

            -la formation des coursiers (à la conduite en sécurité et économe en temps et en carburant).

 
Conclusions

             Sur une toile de fond qui justifie pleinement les analyses de E. Hughes, lorsqu’il parle de « drame social du travail » [Hughes, 1971, 1996], la course-poursuite à laquelle se livrent une part significative des coursiers, apparaît comme un des facteurs de l’accidentologie dont eux-mêmes et d’autres usagers de la route sont les victimes. Il est d’ailleurs à noter que même sous-estimé, le taux d’accidents et leurs circonstances ont des effets sociaux (ce qui est de nature à alimenter la réflexion sociologique sur les statistiques). Il s’agit donc de reconstituer et d’interpréter non pas une mais plusieurs régulations et surtout leurs processus respectifs de construction. Et c’est bien ce qui donne prise à une analyse sociologique dans le champ des relations professionnelles.

             L’analyse de la régulation de la profession de coursiers montre bien toute la difficulté dans la construction de ce que B. et S. Webb appelaient les « règles communes » visant à soustraire les conditions de travail et de salaires à la concurrence et « d’y trouver l’appui de l’opinion publique » (Webb, 1897).

 

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*C’est nous qui précisons et qui soulignons !

Voir la rubrique ; « Ils ont gagnés ! »

 

 

 


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