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Libération Auto,
boulot, hôpitaux ARNAUD
Didier Pour les
salariés français, l'accident de la
route est la première cause de mortalité... au travail.
Au point d'être le
thème central d'un colloque qui s'est tenu à Paris la
veille du départ des
vacances de Toussaint, l'une des périodes où la route est
des plus meurtrières
en France. En l'an
2000, plus de 865 personnes sont ainsi
décédées lors de leur trajet domicile-travail et
427 en mission. On recense au
total plus de 10 389 accidents avec une incapacité permanente et
plus de 5
millions de journées perdues pour cause d'accident de la route.
Et, pourtant,
selon une étude réalisée par l'Ifop pour la Cnam,
les automobilistes ont un
sentiment de grande sécurité quand ils utilisent leur
véhicule pour des raisons
professionnelles. «Il y a un nombre très limité de
salariés environ 200 000
qui sont touchés par la prévention ou la
sensibilisation», a expliqué Isabelle
Massin, déléguée à la
Sécurité routière. Lors de
ce colloque, plusieurs coursiers ont
témoigné de leurs
conditions de travail: «dix à douze heures par
jour», «avec des clients qui
demandent d'aller toujours plus vite». Et, finalement:
«Plus ils font de
courses au détriment de leur sécurité, plus ils
gagnent d'argent», reconnaît Pierre-Louis
Chavanet, vice-président du Syndicat national des transports
légers. Devant ce
risque nié, un responsable d'un réseau de
délégués médicaux a expliqué avoir
adopté des mesures simples. En demandant, par exemple, à
ses employés «de
couper leur téléphone portable quand ils montent dans
leur voiture». Mais, aux
dires des observateurs, pour réduire plus
systématiquement le «risque trajet»
vers le domicile, la réponse ne peut être que globale:
tout ce qui peut limiter
et sécuriser les trajets vers ou depuis le lieu de travail est
à favoriser:
cela va du développement des restaurants d'entreprise aux
contrats passés avec
la DDE pour réagir plus vite aux mauvaises conditions
météo, en passant par la
vérification des véhicules personnels des
salariés, voire au recours à la
visioconférence pour éviter certains déplacements.
La Sécurité routière
insiste, elle, sur l'intérêt des cars de ramassage, que
les sociétés ont trop
souvent tendance à supprimer. Une
panoplie
de mesures. Mais bon nombre de responsables ont fait état du
«blocage énorme»
rencontré chez les salariés, qui ont ressenti toutes ces
actions comme une intrusion
de l'entreprise dans leur «vie personnelle». Catégorie
: Société
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