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Libération
SOCIETE, vendredi 2 novembre 2001, p. 15

Auto, boulot, hôpitaux
Les trajets domicile travail ou les déplacements en mission constituent la première cause de mortalité des salariés.

ARNAUD Didier

Pour les salariés français, l'accident de la route est la première cause de mortalité... au travail. Au point d'être le thème central d'un colloque qui s'est tenu à Paris la veille du départ des vacances de Toussaint, l'une des périodes où la route est des plus meurtrières en France.

En l'an 2000, plus de 865 personnes sont ainsi décédées lors de leur trajet domicile-travail et 427 en mission. On recense au total plus de 10 389 accidents avec une incapacité permanente et plus de 5 millions de journées perdues pour cause d'accident de la route. Et, pourtant, selon une étude réalisée par l'Ifop pour la Cnam, les automobilistes ont un sentiment de grande sécurité quand ils utilisent leur véhicule pour des raisons professionnelles. «Il y a un nombre très limité de salariés ­ environ 200 000 ­ qui sont touchés par la prévention ou la sensibilisation», a expliqué Isabelle Massin, déléguée à la Sécurité routière.

Lors de ce colloque, plusieurs coursiers ont témoigné de leurs conditions de travail: «dix à douze heures par jour», «avec des clients qui demandent d'aller toujours plus vite». Et, finalement: «Plus ils font de courses au détriment de leur sécurité, plus ils gagnent d'argent», reconnaît Pierre-Louis Chavanet, vice-président du Syndicat national des transports légers.

Devant ce risque nié, un responsable d'un réseau de délégués médicaux a expliqué avoir adopté des mesures simples. En demandant, par exemple, à ses employés «de couper leur téléphone portable quand ils montent dans leur voiture». Mais, aux dires des observateurs, pour réduire plus systématiquement le «risque trajet» vers le domicile, la réponse ne peut être que globale: tout ce qui peut limiter et sécuriser les trajets vers ou depuis le lieu de travail est à favoriser: cela va du développement des restaurants d'entreprise aux contrats passés avec la DDE pour réagir plus vite aux mauvaises conditions météo, en passant par la vérification des véhicules personnels des salariés, voire au recours à la visioconférence pour éviter certains déplacements. La Sécurité routière insiste, elle, sur l'intérêt des cars de ramassage, que les sociétés ont trop souvent tendance à supprimer.

Une panoplie de mesures. Mais bon nombre de responsables ont fait état du «blocage énorme» rencontré chez les salariés, qui ont ressenti toutes ces actions comme une intrusion de l'entreprise dans leur «vie personnelle».

Catégorie : Société et tendances
Sujet(s) uniforme(s) : Accidents et sécurité routière
Sujets - Libération : ACCIDENT DE CIRCULATION; CAISSE D'ASSURANCE MALADIE; CONDITIONS DE TRAVAIL; CONFERENCE; ETUDE; IFOP; MORTALITE; SALARIAT; SECURITE ROUTIERE; STATISTIQUE
Type(s) d'article : ARTICLE
Édition : QUOTIDIEN PREMIERE EDITION
Taille : Moyen, 308 mots